La BCE annonce un programme de rachat d'obligations souveraines illimité dans la zone euro, assumant ainsi le rôle de prêteur de dernier recours pour les états de la zone.
Le mécanisme "Outright Monetary Transactions OMT" rachètera les dettes de un à trois ans en contrepartie d'un programme d'ajustement fiscal avec le fonds FESF.
Le mécanisme s'adressera aux pays en ajustement macroeconomique complet: Grece, Irlande, Portugal, mais aussi aux pays qui subissent un choc temporaire.
La BCE renonce au statut de dette senior sur ces achats: (en cas de faillite, la dette senior est honorée en priorité.)
Bravo Mario !
Conference de presse de Mario Draghi (en)
Article The Economist (en)
Liberation (fr)
Opinion du journal Le Figaro (fr)
vendredi 7 septembre 2012
vendredi 27 juillet 2012
Mario Draghi défend l'euro
Le président de la BCE estime que la solidité de l'euro et de la zone euro est largement sous-estimée. Il compare l'inflation, l'emploi, la productivité, le déficit, la dette, les comptes courants et la cohésion sociale de la zone euro avec ceux des USA et Japon.
Il souligne l'importance des progrès accomplis dans les six derniers mois, en matière de convergence, au niveau national, contrôle des déficits, réformes structurelles, et au niveau supranational.
"Le dernier sommet a été un réel succès parce que pour la première fois en beaucoup d'années, tous les leaders des 27 pays d'Europe, Royaume Uni inclus, ont dit que le seul chemin pour sortir de la crise est d'avoir davantage d'Europe et pas moins d'Europe."
Il considère que le capital politique investi dans l'euro est sous-estimé et que l'euro est irréversible au sens politique.
Il présente les challenges de court-terme: adresser la fragmentation financière, l'aversion au risque, la sous-capitalisation, les primes trop élevées sur les emprunts d'états.
Global Investment Conference in London 26 juillet (en)
Interview dans le Monde le 18 juillet
Commentaire Bloomberg (en)
Il souligne l'importance des progrès accomplis dans les six derniers mois, en matière de convergence, au niveau national, contrôle des déficits, réformes structurelles, et au niveau supranational.
"Le dernier sommet a été un réel succès parce que pour la première fois en beaucoup d'années, tous les leaders des 27 pays d'Europe, Royaume Uni inclus, ont dit que le seul chemin pour sortir de la crise est d'avoir davantage d'Europe et pas moins d'Europe."
Il considère que le capital politique investi dans l'euro est sous-estimé et que l'euro est irréversible au sens politique.
Il présente les challenges de court-terme: adresser la fragmentation financière, l'aversion au risque, la sous-capitalisation, les primes trop élevées sur les emprunts d'états.
Global Investment Conference in London 26 juillet (en)
Interview dans le Monde le 18 juillet
Commentaire Bloomberg (en)
mercredi 25 juillet 2012
L'Allemagne n'est plus à l'abri
L'agence Moody's a révisé en perspective négative la note AAA de l'Allemagne, des pays-Bas, du Luxembourg.
Les raisons invoquées sont:
1) Le risque de voir la Grèce quitter la zone euro passe de très faible à faible, et cette occurrence déclencherait une chaîne de chocs dans le secteur financier et des pressions sur les liquidités pour les états et les banques qui ne seraient contenus qu'à un coût très élevé, ou à défaut, aboutiraient à un effilochage (unwinding) progressif de la zone.
2) La probabilité accrue pour les pays les mieux notés de la zone d'avoir à supporter la charge de l'aide collective à l'Espagne et à l'Italie, avec en particulier le besoin d'agrandir l'ESM ou un autre mécanisme.
L'agence estime que la réponse des responsables européens à la crise continue d'être réactive et gradualiste, et qu'une telle réponse ne produira pas la stabilité, mais très probablement sera associée à une série de chocs, dont l'amplitude croîtra probablement à mesure que la crise se prolonge.
Cependant sur le long terme les réformes institutionnelles de la zone euro ont le potentiel de fortifier les notes: l'abaissement concerne la période de transition.
Rapport de Moody's ratings
Les raisons invoquées sont:
1) Le risque de voir la Grèce quitter la zone euro passe de très faible à faible, et cette occurrence déclencherait une chaîne de chocs dans le secteur financier et des pressions sur les liquidités pour les états et les banques qui ne seraient contenus qu'à un coût très élevé, ou à défaut, aboutiraient à un effilochage (unwinding) progressif de la zone.
2) La probabilité accrue pour les pays les mieux notés de la zone d'avoir à supporter la charge de l'aide collective à l'Espagne et à l'Italie, avec en particulier le besoin d'agrandir l'ESM ou un autre mécanisme.
L'agence estime que la réponse des responsables européens à la crise continue d'être réactive et gradualiste, et qu'une telle réponse ne produira pas la stabilité, mais très probablement sera associée à une série de chocs, dont l'amplitude croîtra probablement à mesure que la crise se prolonge.
Cependant sur le long terme les réformes institutionnelles de la zone euro ont le potentiel de fortifier les notes: l'abaissement concerne la période de transition.
Rapport de Moody's ratings
dimanche 8 juillet 2012
La BCE abaisse ses taux, l'annonce du Conseil Européen est insuffisante
La BCE annonce une baisse de ses taux de base de 0,25% le 5 juillet.
Extraits de la conférence de presse:
"La croissance de la zone euro était plate au premier trimestre 2012, suivant un déclin de 0,3% au trimestre précédent. Les indicateurs economiques du second trimestre montrent un affaiblissement de la croissance et et une aggravation des incertitudes."
"En particulier, les tensions sur les marchés des dettes souveraines en zone euro et leur impact sur les conditions de crédit, le processus d'ajustement des balances de comptes dans les secteurs financiers et non-financiers et le chômage élevé devraient peser sur la tendance de fond à la croissance."
"Nous accueillons positivement les conclusions du Conseil Européen du 29 juin 2012 d'agir pour résoudre les tensions des marchés financiers, restaurer la confiance et réanimer la croissance."
Une question m'a paru significative:
Q: "Le fond EFSF-ESM (MSE) devrait pouvoir couvrir une demande de l'Espagne, mais que se passera-t-il si l'Italie demande aussi de l'aide ?"
Mario Draghi: "Je n'ai pas de réponse sur l'ESM."
De fait les taux à 10 ans restent très élevés en Espagne (jusqu'à 7%) et en Italie (6%) malgré l'annonce du Conseil Européen.
Jean-Michel Six, économiste européen en chef de Standard and Poor's estime que le risque d'une récession en double creux en zone euro s'est accru. Il souligne la nécessité pour les gouvernements européens d'implémenter rapidement les décisions annoncées. Concernant la France, il fait remarquer que la balance commerciale et la balance des comptes courants de l'état se sont dégradés ces dernières années.
Nouriel Roubini est très pessimiste, et souligne que le noyau de la zone euro s'oppose à la mutualisation de la dette, et pas seulement l'Allemagne. Il voit un risque élevé que l'Italie retourne à la lire avec Silvio Berlusconi et la Ligue du nord.
MAJ 14/7 L'agence Moody's dégrade encore la dette italienne (en) L'agence évoque la détérioration de la confiance des marchés, le risque de contagion de la Grèce et de l'Espagne, et l'érosion de l'investissement non-domestique. Ainsi que des perspectives économiques de court terme déteriorées qui remettent en cause les objectifs fiscaux. On lit dans le rapport que les fonds de stabilité européens sont limités par rapport à la taille de l'Italie, et que le climat politique avec les élections au printemps 2013 risque de nuire à la mise en œuvre des réformes.
Conférence de presse de Mario Draghi (en)
Jean-Michel Six sur Bloomberg (en)
Nouriel Roubini sur Bloomberg (en)
Extraits de la conférence de presse:
"La croissance de la zone euro était plate au premier trimestre 2012, suivant un déclin de 0,3% au trimestre précédent. Les indicateurs economiques du second trimestre montrent un affaiblissement de la croissance et et une aggravation des incertitudes."
"En particulier, les tensions sur les marchés des dettes souveraines en zone euro et leur impact sur les conditions de crédit, le processus d'ajustement des balances de comptes dans les secteurs financiers et non-financiers et le chômage élevé devraient peser sur la tendance de fond à la croissance."
"Nous accueillons positivement les conclusions du Conseil Européen du 29 juin 2012 d'agir pour résoudre les tensions des marchés financiers, restaurer la confiance et réanimer la croissance."
Une question m'a paru significative:
Q: "Le fond EFSF-ESM (MSE) devrait pouvoir couvrir une demande de l'Espagne, mais que se passera-t-il si l'Italie demande aussi de l'aide ?"
Mario Draghi: "Je n'ai pas de réponse sur l'ESM."
De fait les taux à 10 ans restent très élevés en Espagne (jusqu'à 7%) et en Italie (6%) malgré l'annonce du Conseil Européen.
Jean-Michel Six, économiste européen en chef de Standard and Poor's estime que le risque d'une récession en double creux en zone euro s'est accru. Il souligne la nécessité pour les gouvernements européens d'implémenter rapidement les décisions annoncées. Concernant la France, il fait remarquer que la balance commerciale et la balance des comptes courants de l'état se sont dégradés ces dernières années.
Nouriel Roubini est très pessimiste, et souligne que le noyau de la zone euro s'oppose à la mutualisation de la dette, et pas seulement l'Allemagne. Il voit un risque élevé que l'Italie retourne à la lire avec Silvio Berlusconi et la Ligue du nord.
MAJ 14/7 L'agence Moody's dégrade encore la dette italienne (en) L'agence évoque la détérioration de la confiance des marchés, le risque de contagion de la Grèce et de l'Espagne, et l'érosion de l'investissement non-domestique. Ainsi que des perspectives économiques de court terme déteriorées qui remettent en cause les objectifs fiscaux. On lit dans le rapport que les fonds de stabilité européens sont limités par rapport à la taille de l'Italie, et que le climat politique avec les élections au printemps 2013 risque de nuire à la mise en œuvre des réformes.
Conférence de presse de Mario Draghi (en)
Jean-Michel Six sur Bloomberg (en)
Nouriel Roubini sur Bloomberg (en)
lundi 2 juillet 2012
Conseil Européen: Le principe de l'aide directe aux banques est acceptée
Le conseil européen accède le 29 juillet aux requêtes espagnoles et italiennes. Le principe de l'aide directe aux banques indépendamment des états est accepté. Il s'agit d'éviter d'alourdir le dette d'un pays comme l'Espagne, qui doit recapitaliser ses banques.
Dans le même temps, l'accès aux instruments de stabilisation financière EFSF et ESM est assoupli.
Enfin, les leaders européens se sont mis d'accord pour mettre en place les bases d'une union bancaire pour la zone euro.
Il faudra plusieurs mois, voire un an, avant qu'un superviseur pour la zone euro se mette en place, et soit en mesure de prêter aux banques sur le fond ESM, estime Angela Merkel.
Article Bloomberg (en)
Article Der Spiegel (en)
Bernard Guetta sur France Inter
Dans le même temps, l'accès aux instruments de stabilisation financière EFSF et ESM est assoupli.
Enfin, les leaders européens se sont mis d'accord pour mettre en place les bases d'une union bancaire pour la zone euro.
Il faudra plusieurs mois, voire un an, avant qu'un superviseur pour la zone euro se mette en place, et soit en mesure de prêter aux banques sur le fond ESM, estime Angela Merkel.
Article Bloomberg (en)
Article Der Spiegel (en)
Bernard Guetta sur France Inter
mardi 26 juin 2012
Libre expression: l'Europe c'est quoi ?
Libre expression: l'Europe c'est quoi ?
L'Europe, c'est une prétention anti-américaine, bureaucratique et impopulaire.
L'Europe, ce sont des myriades de talents étouffés sous les lois, les administrations et les corporatismes.
L'Europe, c'est une jeunesse écrasée sous le poids de la dette.
L'Europe n'a pas de langue commune, ergo, elle n'existe pas.
L'Europe c'est comme l'ONU, une présidence tournante, c'est le règne du cancre.
L'Europe, c'est la réunification allemande, au cube.
L'Europe est un laboratoire de la mondialisation dont nous sommes les cobayes.
La mère souffre et hyperventile, mais le bébé Europe n'arrive pas à sortir: que font les médecins ?
L'Europe, une belle idée, un bel avenir, des peuples impréparés.
J'attends vos contributions.
L'Europe, c'est une prétention anti-américaine, bureaucratique et impopulaire.
L'Europe, ce sont des myriades de talents étouffés sous les lois, les administrations et les corporatismes.
L'Europe, c'est une jeunesse écrasée sous le poids de la dette.
L'Europe n'a pas de langue commune, ergo, elle n'existe pas.
L'Europe c'est comme l'ONU, une présidence tournante, c'est le règne du cancre.
L'Europe, c'est la réunification allemande, au cube.
L'Europe est un laboratoire de la mondialisation dont nous sommes les cobayes.
La mère souffre et hyperventile, mais le bébé Europe n'arrive pas à sortir: que font les médecins ?
L'Europe, une belle idée, un bel avenir, des peuples impréparés.
J'attends vos contributions.
samedi 23 juin 2012
Moody's dégrade 15 banques, dont BNP, CA, SG par rapport à la crise de l'euro
Dans le cadre de sa révision des notations des établissements avec la crise des dettes souveraines en zone euro, Moody's dégrade les notes de 15 grandes banques internationales, dont les trois françaises BNP, CA et SG.
La dette dite senior et les dépôts dans ces trois banques sont toujours considérés comme garantis par le gouvernement français. Mais la dette subordonnée junior ou datée n'est plus considérée par Moody's comme assurée par le gouvernement. (il s'agit d'une dette qui n'est honorée qu'en second en cas de faillite).
Les banques qui sont les plus actives sur les marchés d'actions internationaux sont les plus à risque selon Moody's, puis vient la capacité qu'ont les banques à absorber les chocs. Les banques françaises sont modérément exposées et/ou relativement robustes.
Rapport Moody's (en)
La dette dite senior et les dépôts dans ces trois banques sont toujours considérés comme garantis par le gouvernement français. Mais la dette subordonnée junior ou datée n'est plus considérée par Moody's comme assurée par le gouvernement. (il s'agit d'une dette qui n'est honorée qu'en second en cas de faillite).
Les banques qui sont les plus actives sur les marchés d'actions internationaux sont les plus à risque selon Moody's, puis vient la capacité qu'ont les banques à absorber les chocs. Les banques françaises sont modérément exposées et/ou relativement robustes.
Rapport Moody's (en)
jeudi 21 juin 2012
Une union bancaire pour la zone euro
Le FMI demande que soit constituée une union bancaire pour la zone euro.
Le rapport expose la déterioration de l'environnement économique et financier, la perte de la confiance des investisseurs, la fuite des capitaux et le niveau record des primes de risques sur les dettes souveraines.
Le FMI préconise un engagement fort de l'Europe, davantage d'intégration fiscale et une union bancaire pour la zone, ainsi qu'un large spectre de réformes structurelles et en même temps le soutien de la demande.
Cette union bancaire serait constituée de:
- Une structure macroprudentielle et de supervision commune.
- Un système de dépôts de garantie au niveau régional.
- Une autorité de résolution (liquidation) des faillites bancaires.
Rapport du FMI du 21 juin (en)
Une structure macroprudentielle c'est quoi ? (en)
Pour Sharon Bowles sur Bloomberg, une telle union bancaire constituerait une alternative aux eurobonds par mutualisation de la dette en zone euro, mais en plus compliqué. Sharon Bowles est président du comité des affaires économiques et financières au parlement européen. (en)
MAJ 27/6 : Parachever l'euro, Feuille de route vers une union budgétaire en Europe du groupe de travail Notre Europe est à télécharger (en).
Wolfgang Schauble, ministre des finances allemand, propose un chemin possible pour l'Europe dans cet interview du Spiegel et explique pourquoi il est nécessaire de réaliser l'union fiscale avant d'émettre des eurobonds. (en)
Le rapport expose la déterioration de l'environnement économique et financier, la perte de la confiance des investisseurs, la fuite des capitaux et le niveau record des primes de risques sur les dettes souveraines.
Le FMI préconise un engagement fort de l'Europe, davantage d'intégration fiscale et une union bancaire pour la zone, ainsi qu'un large spectre de réformes structurelles et en même temps le soutien de la demande.
Cette union bancaire serait constituée de:
- Une structure macroprudentielle et de supervision commune.
- Un système de dépôts de garantie au niveau régional.
- Une autorité de résolution (liquidation) des faillites bancaires.
Rapport du FMI du 21 juin (en)
Une structure macroprudentielle c'est quoi ? (en)
Pour Sharon Bowles sur Bloomberg, une telle union bancaire constituerait une alternative aux eurobonds par mutualisation de la dette en zone euro, mais en plus compliqué. Sharon Bowles est président du comité des affaires économiques et financières au parlement européen. (en)
MAJ 27/6 : Parachever l'euro, Feuille de route vers une union budgétaire en Europe du groupe de travail Notre Europe est à télécharger (en).
Wolfgang Schauble, ministre des finances allemand, propose un chemin possible pour l'Europe dans cet interview du Spiegel et explique pourquoi il est nécessaire de réaliser l'union fiscale avant d'émettre des eurobonds. (en)
Faiblesse de la création d'emplois aux Etats-Unis
L'economie américaine a créé 69000 emplois en mai, loin de l'objectif de la réserve fédérale de 150000 à 200000 créations.
Ben S. Bernanke, président de la Fed, attribue cette vulnérabilité aux perspectives de resserrement de la fiscalité US ainsi qu'aux retombées de la crise des dettes souveraines en Europe.
La réserve fédérale considère l'usage de nouvelles mesures non-conventionnelles de stimulation de l'économie si la tendance se confirme.
C'est à dire des mesures dites d'assouplissement quantitatif, sans doute par le rachat de bons du trésor.
Ah, si c'était aussi simple en Europe !
article Bloomberg (en)
Ben S. Bernanke, président de la Fed, attribue cette vulnérabilité aux perspectives de resserrement de la fiscalité US ainsi qu'aux retombées de la crise des dettes souveraines en Europe.
La réserve fédérale considère l'usage de nouvelles mesures non-conventionnelles de stimulation de l'économie si la tendance se confirme.
C'est à dire des mesures dites d'assouplissement quantitatif, sans doute par le rachat de bons du trésor.
Ah, si c'était aussi simple en Europe !
article Bloomberg (en)
dimanche 10 juin 2012
Accord en vue pour sauver les banques espagnoles
L'Union Européenne, la BCE et le FMI (la "troïka") ont prévu de prêter 100 milliards d'euros à 3% à l'Espagne afin de recapitaliser les banques espagnoles en difficulté. Les conditions attachées au prêt n'ont pas été précisées.
MAJ (13 juin): La critique faite à ce prêt est qu'il ne recapitalise pas directement les banques, mais passe par le gouvernement espagnol pour cela. Ainsi ce prêt aggrave-t-il l'endettement du pays, le risque souverain et les difficultés d'emprunts de l'Espagne.
C'est la critique que fait Nouriel Roubini, qui évoque aussi une "balkanisation" du système bancaire européen dans l'interview de France24.
Christine Lagarde (FMI) sur CNN, ne dément pas vraiment Georges Soros quand celui-ci affirme qu'il reste trois mois pour sauver l'euro, mais elle évoque une nouvelle étape de la construction européenne qui devra intervenir avant cette échéance. (la journaliste attribue à madame Lagarde des propos qui ne sont pas les siens et tronque le message, je mets le lien quand même, à vous de juger).
Le taux à 10 ans de la dette espagnole a atteint 6.83% le 12 juin.
L'euro est remonté à 1.26 contre le dollar américan le 11 juin, pour revenir à 1.25 le 13.
Interview de Nouriel Roubini sur France24 (en)
Interview de Christine Lagarde sur CNN (en)
France24 sur le prêt
Bloomberg sur la tension sur les taux (en)
Bloomberg (en) sur le prêt
Der Siegel (en): l'Europe n'est pas prête
MAJ (13 juin): La critique faite à ce prêt est qu'il ne recapitalise pas directement les banques, mais passe par le gouvernement espagnol pour cela. Ainsi ce prêt aggrave-t-il l'endettement du pays, le risque souverain et les difficultés d'emprunts de l'Espagne.
C'est la critique que fait Nouriel Roubini, qui évoque aussi une "balkanisation" du système bancaire européen dans l'interview de France24.
Christine Lagarde (FMI) sur CNN, ne dément pas vraiment Georges Soros quand celui-ci affirme qu'il reste trois mois pour sauver l'euro, mais elle évoque une nouvelle étape de la construction européenne qui devra intervenir avant cette échéance. (la journaliste attribue à madame Lagarde des propos qui ne sont pas les siens et tronque le message, je mets le lien quand même, à vous de juger).
Le taux à 10 ans de la dette espagnole a atteint 6.83% le 12 juin.
L'euro est remonté à 1.26 contre le dollar américan le 11 juin, pour revenir à 1.25 le 13.
Interview de Nouriel Roubini sur France24 (en)
Interview de Christine Lagarde sur CNN (en)
France24 sur le prêt
Bloomberg sur la tension sur les taux (en)
Bloomberg (en) sur le prêt
Der Siegel (en): l'Europe n'est pas prête
mardi 22 mai 2012
Menaces de panique bancaire (bank run) en zone euro
L'incertitude en Grèce accélère le retrait des capitaux des banques grecques. Les dépots y auraient déjà baissé d'un tiers par rapport à 2010 selon Gavyn Davies, avec une forte accélération des retraits cette semaine.
La nationalisation de Bankia en Espagne aurait provoqué aussi des retraits importants (le Spiegel cite El Mundo, je n'ai pas trouvé l'article). La dégradation des notes des banques espagnoles et italiennes par Moody's commence à affecter aussi certaines de ces banques.
Les graphiques de Target2 (Gavyn Davies) permettent d'apprécier l'ampleur de ces mouvements. Ceux-ci sont très réels et obéissent à plusieurs motivations:
- L'incertitude sur l'intégrité future de la zone euro, en particulier pour la Grèce, et la décote prévisible des actifs qui seraient convertis par force en monnaie nationale.
- Le manque de confiance dans le futur des banques locales et dans la capacité des états à les assurer. C'est surtout le cas pour les banques espagnoles.
- La volonté d'échapper à des perspectives fiscales punitives, et au contrôle des transferts de capitaux qui sont en projet. C'est le cas de la l'Italie et de la France.
Ces motivations dépendent du pays de la banque affectée. Cela suggère un peu, si rien ne change, une concentration future du secteur bancaire en zone euro entre les mains des banques dont les états offriront les perspectives économiques les plus solides.
Mais dans l'immédiat, la priorité est de gérer cette menace de panique pour l'empêcher de dégénérer de façon désastreuse, modèle Etats-Unis, 1930. C'est le rôle des dispositifs anti-contagion, pare-feu (le MSE n'est pas encore opérationnel), et mesures non conventionnelles de la BCE. Mais il faudra probablement aussi changer la donne, et faire évoluer la position allemande, comme on en débat au G8.
Article Der Spiegel (en)
Article de Gavyn Davies, blog du FT (en)
Article La Croix
Article Le Monde
Meilleur Cartoon à Tom Janssen dans Trouw.nl, Presseurop (en)
Les failles des dépots de garantie article Bloomberg 29/5/2012 (en)
La nationalisation de Bankia en Espagne aurait provoqué aussi des retraits importants (le Spiegel cite El Mundo, je n'ai pas trouvé l'article). La dégradation des notes des banques espagnoles et italiennes par Moody's commence à affecter aussi certaines de ces banques.
Les graphiques de Target2 (Gavyn Davies) permettent d'apprécier l'ampleur de ces mouvements. Ceux-ci sont très réels et obéissent à plusieurs motivations:
- L'incertitude sur l'intégrité future de la zone euro, en particulier pour la Grèce, et la décote prévisible des actifs qui seraient convertis par force en monnaie nationale.
- Le manque de confiance dans le futur des banques locales et dans la capacité des états à les assurer. C'est surtout le cas pour les banques espagnoles.
- La volonté d'échapper à des perspectives fiscales punitives, et au contrôle des transferts de capitaux qui sont en projet. C'est le cas de la l'Italie et de la France.
Ces motivations dépendent du pays de la banque affectée. Cela suggère un peu, si rien ne change, une concentration future du secteur bancaire en zone euro entre les mains des banques dont les états offriront les perspectives économiques les plus solides.
Mais dans l'immédiat, la priorité est de gérer cette menace de panique pour l'empêcher de dégénérer de façon désastreuse, modèle Etats-Unis, 1930. C'est le rôle des dispositifs anti-contagion, pare-feu (le MSE n'est pas encore opérationnel), et mesures non conventionnelles de la BCE. Mais il faudra probablement aussi changer la donne, et faire évoluer la position allemande, comme on en débat au G8.
Article Der Spiegel (en)
Article de Gavyn Davies, blog du FT (en)
Article La Croix
Article Le Monde
Meilleur Cartoon à Tom Janssen dans Trouw.nl, Presseurop (en)
Les failles des dépots de garantie article Bloomberg 29/5/2012 (en)
vendredi 18 mai 2012
Moody's note les banques espagnoles et italiennes
Dans le cadre de la révision des notations des banques européennes annoncée le 15 février dernier, l'agence Moody's a publié ses rapports (en anglais) sur la notation des banques italiennes le 14 mai et celle des banques espagnoles le 17 mai.
Ces rapports sont peu encourageants: 26 banques italiennes dégradées, 16 banques espagnoles ainsi que Santander UK, avec pour ces notes des perspectives négatives.
Les raisons invoquées pour ces dégradations de notes sont pour les banques italiennes:
1 L'environnement: La récession qui revient et le programme d'austérité.
2 La qualité des actifs qui devient un défi à gérer avec la déterioration de la qualité des créances, les provisions nécessaires, l'affaiblissement des bénéfices nets.
3 De moindres facilités de financement sur les marchés, qui si elle persistent presseraient les banques à réduire leurs actifs, en posant des risques vis à vis de leurs franchises et de leurs gains.
et pour les banques espagnoles:
1 L'environnement: La récession qui se renouvelle, la crise de l'immobilier en cours, la persistance d'un chômage élevé.
2 L'impact de la note de l'Espagne sur les banques et sur la capacité du gouvernement espagnol à les soutenir.
3 La déterioration rapide de la qualité des actifs avec des prêts non performants des sociétés immobilières, et la perspective de déterioration de celle d'autres catégories de prêts.
4 La restriction de l'accès au financement sur les marchés, avec la crise de la dette de la zone euro qui continue à inquiéter les investisseurs sur les banques espagnoles et la dette du pays.
Ces rapports sont peu encourageants: 26 banques italiennes dégradées, 16 banques espagnoles ainsi que Santander UK, avec pour ces notes des perspectives négatives.
Les raisons invoquées pour ces dégradations de notes sont pour les banques italiennes:
1 L'environnement: La récession qui revient et le programme d'austérité.
2 La qualité des actifs qui devient un défi à gérer avec la déterioration de la qualité des créances, les provisions nécessaires, l'affaiblissement des bénéfices nets.
3 De moindres facilités de financement sur les marchés, qui si elle persistent presseraient les banques à réduire leurs actifs, en posant des risques vis à vis de leurs franchises et de leurs gains.
et pour les banques espagnoles:
1 L'environnement: La récession qui se renouvelle, la crise de l'immobilier en cours, la persistance d'un chômage élevé.
2 L'impact de la note de l'Espagne sur les banques et sur la capacité du gouvernement espagnol à les soutenir.
3 La déterioration rapide de la qualité des actifs avec des prêts non performants des sociétés immobilières, et la perspective de déterioration de celle d'autres catégories de prêts.
4 La restriction de l'accès au financement sur les marchés, avec la crise de la dette de la zone euro qui continue à inquiéter les investisseurs sur les banques espagnoles et la dette du pays.
mardi 15 mai 2012
On reparle de la drachme (sortie de l'euro, grexit)
Cinquième année de récession économique pour la Grèce.
Chômage à 22% de la population active.
Chômage des moins de 25 ans à 53%.
Les élections législatives du 6 mai ouvrent une période d'incertitude, car une nouvelle coalition peine à se mettre en place afin de former un gouvernement. Les nouveaux élus radicaux s'opposent aux mesures d'économie imposées par le plan de refinancement de la dette négocié en mars. Dans le même temps, les sondages montrent que la population ne souhaite pas quitter l'euro à 75%. De nouvelles élections sont prévues le 17 juin.
La renégociation qui s'annonce commence par l'abandon d'un tabou: les responsables se sentent plus libres d'évoquer la sortie de l'euro par la Grèce, et la réintroduction de la drachme. Wolfgang Schauble, ministre allemand des finances, le 4 mai (Reuters) "La Grèce doit respecter les engagements pris, ou sinon, elle devra en assumer les conséquences." La menace est l'arrêt des versements de l'aide européenne, et la sortie de la zone euro.
Cette menace n'est pas à prendre légèrement: Selon le Spiegel, un groupe de travail allemand dépendant du ministère des finances à élaboré depuis un an sur le scénario de réintroduction de la drachme et ses conséquences. Résultat: cette hypothèse n'est plus un épouvantail pour les responsables allemands: Ils ont maintenant des chiffres précis sous les yeux, une alternative, un plan B par rapport au tonneau des danaïdes que constitue cet accord de refinancement de la dette grecque, qui déjà n'est plus crédible, deux mois seulement après avoir été signé.
Le Financial Times rapporte les propos des membres du conseil de la BCE.
Luc Coene (Belgique): "Je suppose qu'un divorce à l'amiable - si jamais c'est nécessaire - serait possible, mais cependant je le regretterais."
Patrick Honohan (Irlande): "Des choses peuvent arriver qui ne sont pas imaginées dans les traités. ... Techniquement, cela [une sortie de la Grèce de la zone euro] peut être géré. Ce n'est pas nécessairement fatal, mais ce n'est pas plaisant."
Déni de Jean-Claude Juncker, qui préside les ministres des finances de la zone euro, le 14 mai: "Je n'envisage pas une seconde que la Grèce quitte la zone euro: C'est du non-sense, c'est de la propagande."
MAJ: Le 16 mai, Christine Lagarde, directeur du FMI, évoque sur France 24 une "sortie ordonnée" de la Grèce de la zone euro, "qui serait extraordinairement coûteuse", mais une option qu"on est obligé de considérer techniquement".
L"euro est survendu, à 1,27 contre le dollar américain le 16 mai.
Article Bloomberg (en)
Article du Spiegel (en)
Article du Point
Article du Financial Times (en)
Le Guardian (en)
Chômage à 22% de la population active.
Chômage des moins de 25 ans à 53%.
Les élections législatives du 6 mai ouvrent une période d'incertitude, car une nouvelle coalition peine à se mettre en place afin de former un gouvernement. Les nouveaux élus radicaux s'opposent aux mesures d'économie imposées par le plan de refinancement de la dette négocié en mars. Dans le même temps, les sondages montrent que la population ne souhaite pas quitter l'euro à 75%. De nouvelles élections sont prévues le 17 juin.
La renégociation qui s'annonce commence par l'abandon d'un tabou: les responsables se sentent plus libres d'évoquer la sortie de l'euro par la Grèce, et la réintroduction de la drachme. Wolfgang Schauble, ministre allemand des finances, le 4 mai (Reuters) "La Grèce doit respecter les engagements pris, ou sinon, elle devra en assumer les conséquences." La menace est l'arrêt des versements de l'aide européenne, et la sortie de la zone euro.
Cette menace n'est pas à prendre légèrement: Selon le Spiegel, un groupe de travail allemand dépendant du ministère des finances à élaboré depuis un an sur le scénario de réintroduction de la drachme et ses conséquences. Résultat: cette hypothèse n'est plus un épouvantail pour les responsables allemands: Ils ont maintenant des chiffres précis sous les yeux, une alternative, un plan B par rapport au tonneau des danaïdes que constitue cet accord de refinancement de la dette grecque, qui déjà n'est plus crédible, deux mois seulement après avoir été signé.
Le Financial Times rapporte les propos des membres du conseil de la BCE.
Luc Coene (Belgique): "Je suppose qu'un divorce à l'amiable - si jamais c'est nécessaire - serait possible, mais cependant je le regretterais."
Patrick Honohan (Irlande): "Des choses peuvent arriver qui ne sont pas imaginées dans les traités. ... Techniquement, cela [une sortie de la Grèce de la zone euro] peut être géré. Ce n'est pas nécessairement fatal, mais ce n'est pas plaisant."
Déni de Jean-Claude Juncker, qui préside les ministres des finances de la zone euro, le 14 mai: "Je n'envisage pas une seconde que la Grèce quitte la zone euro: C'est du non-sense, c'est de la propagande."
MAJ: Le 16 mai, Christine Lagarde, directeur du FMI, évoque sur France 24 une "sortie ordonnée" de la Grèce de la zone euro, "qui serait extraordinairement coûteuse", mais une option qu"on est obligé de considérer techniquement".
L"euro est survendu, à 1,27 contre le dollar américain le 16 mai.
Article Bloomberg (en)
Article du Spiegel (en)
Article du Point
Article du Financial Times (en)
Le Guardian (en)
dimanche 13 mai 2012
Bankia nationalisée
Le gouvernement espagnol nationalise la 4ème banque du pays, Bankia, et demande aux banques espagnoles d'accroître leurs provisions pour créances douteuses de 30 milliards d'euros.
Le secteur bancaire espagnol reste fragilisé par la bulle de l'immobilier (1997-2007).
Le Spiegel estime les mauvaises créances pour l'ensemble du secteur à 180 milliards d'euros.
Comme l'Irlande l'a fait auparavant, l'Espagne semble devoir sauver ses banques en s'endettant. Mais est-ce possible au taux de 6,1% à 10 ans et avec une économie à la peine (-0,3% au 4ème trimestre 2011)?
Cette crise semble durer bien trop longtemps: trois plans de réforme des banques impliquant 115 milliards d'euros de soutien au secteur ont été mis en œuvre depuis 2008 (selon Greenleft), tandis que les "indignados" vilipendent financiers et politiciens, tenus pour responsables d'un chômage accablant qui touche en particulier les jeunes gens.
La commission européenne propose de former une expertise indépendante chargée de réunir les emprunts toxiques dans une banque spéciale, dite banque de défaisance.
MAJ 18 mai:
Le rapport de l'agence Moody's sur les banques espagnoles (en)
Article du Monde
Article du Spiegel (en)
Article The Economist (en)
Article El Pais (en espanol)
Article du journal australien Green Left (en)
Le secteur bancaire espagnol reste fragilisé par la bulle de l'immobilier (1997-2007).
Le Spiegel estime les mauvaises créances pour l'ensemble du secteur à 180 milliards d'euros.
Comme l'Irlande l'a fait auparavant, l'Espagne semble devoir sauver ses banques en s'endettant. Mais est-ce possible au taux de 6,1% à 10 ans et avec une économie à la peine (-0,3% au 4ème trimestre 2011)?
Cette crise semble durer bien trop longtemps: trois plans de réforme des banques impliquant 115 milliards d'euros de soutien au secteur ont été mis en œuvre depuis 2008 (selon Greenleft), tandis que les "indignados" vilipendent financiers et politiciens, tenus pour responsables d'un chômage accablant qui touche en particulier les jeunes gens.
La commission européenne propose de former une expertise indépendante chargée de réunir les emprunts toxiques dans une banque spéciale, dite banque de défaisance.
MAJ 18 mai:
Le rapport de l'agence Moody's sur les banques espagnoles (en)
Article du Monde
Article du Spiegel (en)
Article The Economist (en)
Article El Pais (en espanol)
Article du journal australien Green Left (en)
mercredi 18 avril 2012
Le rapport d'avril du FMI sur la crise de l'euro
Le bulletin d'avril du Fonds Monétaire International (en) sur les perspectives économiques mondiales parle de l'euro:
extraits
"La croissance repart, les dangers demeurent"
Chapitre 2: Europe, crise, récession et contagion
"Au dernier trimestre 2011, les craintes renouvelées que la crise de la zone euro ne s'aggrave et ne s'étende ont entrainé une période d'incertitude et d'élargissement des primes de risques, contribuant à un ralentissement plus brutal qu'attendu dans la zone euro, avec des retombées sur le reste de l'Europe et au-delà."
"La Banque centrale européenne (BCE) a soulagé les tensions de financement du secteur bancaire avec ses opérations de refinancement à long terme. Ces mesures, combinées avec le renforcement par étape du pacte fiscal, des réformes structurelles et la consolidation budgétaire, ont réussi à stabiliser le sentiment des marchés et à atténuer l'incertitude. La récente décision de renforcer le pare-feu de l'Union européenne renforce ces efforts politiques. Le scénario de référence prévoit un retour progressif à la croissance courant 2012-2013."
"La possibilité que la crise s'aggrave à nouveau demeure un risque négatif majeur pour la croissance économique et la stabilité du secteur financier jusqu'à ce que les problèmes sous-jacents à la crise soient résolus."
Plus loin est présenté un scénario d'aggravation de la crise de l'euro impactant l'économie mondiale:
Les marchés financiers pourraient évoluer de façon beaucoup plus couplée comme en 2008-2009, avec élévation des taux et des primes de risques. Le pic d'incertitude et l'aversion au risque pourraient affecter les demandes intérieures. Les échanges internationaux pourraient décliner, affectant les économies exportatrices. Les exportations de pétrole et de matières premières pourraient diminuer.
Les défis politiques:
"La priorité-clef en Europe est de prévenir l'aggravation des dettes d'états et de la crise de croissance dans la zone euro tout en travaillant à résoudre les causes fondamentales."
"La plupart des économies de la région demandent une politique mixte qui soutienne le retour à la croissance tout en adressant les défis de soutenabilité de la fiscalité et les vulnérabilités du secteur financier."
"La BCE devrait abaisser sa politique de taux et continuer à user de moyens non-conventionnels pour gérer le financement des banques et les problèmes de liquidité."
Plus loin, le rapport approuve la mise en place du nouveau Mécanisme Européen de Stabilité. Elle recommande de recapitaliser les banques, et de créer une structure pan-européenne capable de faire cela.
Enfin, le rapport suggère que les failles inhérentes du système de l'Union soient adressées par des mécanismes forts imposant des politiques fiscales responsables. Le partage du risque fiscal entre les pays de la zone devra être implémenté au moyen par exemple d'un MES étendu. L'intégration des secteurs financiers de la zone est prioritaire avec une supervision transfrontalière, des mécanismes de résolution et l'assurance des dépôts avec un filet de sécurité commun. (actuellement le Fonds Européen de Stabilité Financière ne couvre pas directement les banques, mais seulement les états)
extraits
"La croissance repart, les dangers demeurent"
Chapitre 2: Europe, crise, récession et contagion
"Au dernier trimestre 2011, les craintes renouvelées que la crise de la zone euro ne s'aggrave et ne s'étende ont entrainé une période d'incertitude et d'élargissement des primes de risques, contribuant à un ralentissement plus brutal qu'attendu dans la zone euro, avec des retombées sur le reste de l'Europe et au-delà."
"La Banque centrale européenne (BCE) a soulagé les tensions de financement du secteur bancaire avec ses opérations de refinancement à long terme. Ces mesures, combinées avec le renforcement par étape du pacte fiscal, des réformes structurelles et la consolidation budgétaire, ont réussi à stabiliser le sentiment des marchés et à atténuer l'incertitude. La récente décision de renforcer le pare-feu de l'Union européenne renforce ces efforts politiques. Le scénario de référence prévoit un retour progressif à la croissance courant 2012-2013."
"La possibilité que la crise s'aggrave à nouveau demeure un risque négatif majeur pour la croissance économique et la stabilité du secteur financier jusqu'à ce que les problèmes sous-jacents à la crise soient résolus."
Plus loin est présenté un scénario d'aggravation de la crise de l'euro impactant l'économie mondiale:
Les marchés financiers pourraient évoluer de façon beaucoup plus couplée comme en 2008-2009, avec élévation des taux et des primes de risques. Le pic d'incertitude et l'aversion au risque pourraient affecter les demandes intérieures. Les échanges internationaux pourraient décliner, affectant les économies exportatrices. Les exportations de pétrole et de matières premières pourraient diminuer.
Les défis politiques:
"La priorité-clef en Europe est de prévenir l'aggravation des dettes d'états et de la crise de croissance dans la zone euro tout en travaillant à résoudre les causes fondamentales."
"La plupart des économies de la région demandent une politique mixte qui soutienne le retour à la croissance tout en adressant les défis de soutenabilité de la fiscalité et les vulnérabilités du secteur financier."
"La BCE devrait abaisser sa politique de taux et continuer à user de moyens non-conventionnels pour gérer le financement des banques et les problèmes de liquidité."
Plus loin, le rapport approuve la mise en place du nouveau Mécanisme Européen de Stabilité. Elle recommande de recapitaliser les banques, et de créer une structure pan-européenne capable de faire cela.
Enfin, le rapport suggère que les failles inhérentes du système de l'Union soient adressées par des mécanismes forts imposant des politiques fiscales responsables. Le partage du risque fiscal entre les pays de la zone devra être implémenté au moyen par exemple d'un MES étendu. L'intégration des secteurs financiers de la zone est prioritaire avec une supervision transfrontalière, des mécanismes de résolution et l'assurance des dépôts avec un filet de sécurité commun. (actuellement le Fonds Européen de Stabilité Financière ne couvre pas directement les banques, mais seulement les états)
dimanche 15 avril 2012
Nouvelles tensions sur les taux de l'Espagne et l'Italie
Les taux à 10 ans sont montés à 5,98% pour l'Espagne la semaine dernière, en rapport avec le calendrier des émissions d'emprunts par l'état.
Les tensions ont affecté aussi par contagion les taux portugais et italiens, le taux italien à 10 ans est monté à 5,52%.
La BCE n'a pas réactivé son programme d'achat d'emprunts des états de la zone.
En Espagne, les programmes de réduction du déficit budgétaire sont particulièrement sévères alors que le taux de chômage est très élevé à 23% de la population active, qui affecte particulièrement les jeunes.
L'Espagne a engagé des réformes du marché du travail et du système bancaire. Des économies sont demandées aux régions sur l'éducation et la santé. Ce pays s'efforce aussi de réduire l'économie souterraine (travail au noir), de limiter l'évasion fiscale, et d'engager des privatisations.
lire
Le New York Times (en)
Bloomberg (en)
The economist (en)
Les tensions ont affecté aussi par contagion les taux portugais et italiens, le taux italien à 10 ans est monté à 5,52%.
La BCE n'a pas réactivé son programme d'achat d'emprunts des états de la zone.
En Espagne, les programmes de réduction du déficit budgétaire sont particulièrement sévères alors que le taux de chômage est très élevé à 23% de la population active, qui affecte particulièrement les jeunes.
L'Espagne a engagé des réformes du marché du travail et du système bancaire. Des économies sont demandées aux régions sur l'éducation et la santé. Ce pays s'efforce aussi de réduire l'économie souterraine (travail au noir), de limiter l'évasion fiscale, et d'engager des privatisations.
lire
Le New York Times (en)
Bloomberg (en)
The economist (en)
mercredi 4 avril 2012
Conférence de presse de Mario Draghi sur la décision de la BCE
Monsieur Draghi s'exprime sur le site de la BCE en anglais ici
Extraits:
"Sur la base de nos analyses régulières économiques et monétaires, nous avons décidé de maintenir les taux directeurs de la BCE inchangés."
"Les taux d'inflation sont susceptibles de rester au-dessus de 2% en 2012, avec des risques à la hausse qui prévalent."
"Les perspectives économiques restent affectés par des risques à la baisse."
"Il est également important de garder à l'esprit que tous nos mesures non conventionnelles de politique monétaire sont de nature temporaire et que tous les outils nécessaires sont disponibles pour répondre à la hausse des risques pour la stabilité des prix à moyen terme de façon ferme et en temps opportun."
"Afin de soutenir la confiance, la croissance durable et l'emploi, le Conseil des gouverneurs appelle les gouvernements à assainir les finances publiques et à mettre en œuvre de solides réformes structurelles. Les engagements pris en vertu de Pacte de stabilité et de croissance doivent être pleinement honorés et les faiblesses de la compétitivité adressées avec force. Les décideurs nationaux doivent assumer pleinement leurs responsabilités pour assurer la viabilité budgétaire, augmenter la capacité d'ajustement des marchés des produits et du travail, pour améliorer la productivité et la compétitivité, et veiller à la solidité de leur système financier. En particulier, les pays qui ont subi des pertes en compétitivité vis à vis des coûts doivent assurer un ajustement des salaires suffisant et stimuler la croissance de leur productivité."
Mon souhait est que nos candidats à la présidence lisent et comprennent ce dernier paragraphe: en France aussi, il faut baisser les salaires, rééquilibrer le budget, et engager des réformes.
Extraits:
"Sur la base de nos analyses régulières économiques et monétaires, nous avons décidé de maintenir les taux directeurs de la BCE inchangés."
"Les taux d'inflation sont susceptibles de rester au-dessus de 2% en 2012, avec des risques à la hausse qui prévalent."
"Les perspectives économiques restent affectés par des risques à la baisse."
"Il est également important de garder à l'esprit que tous nos mesures non conventionnelles de politique monétaire sont de nature temporaire et que tous les outils nécessaires sont disponibles pour répondre à la hausse des risques pour la stabilité des prix à moyen terme de façon ferme et en temps opportun."
"Afin de soutenir la confiance, la croissance durable et l'emploi, le Conseil des gouverneurs appelle les gouvernements à assainir les finances publiques et à mettre en œuvre de solides réformes structurelles. Les engagements pris en vertu de Pacte de stabilité et de croissance doivent être pleinement honorés et les faiblesses de la compétitivité adressées avec force. Les décideurs nationaux doivent assumer pleinement leurs responsabilités pour assurer la viabilité budgétaire, augmenter la capacité d'ajustement des marchés des produits et du travail, pour améliorer la productivité et la compétitivité, et veiller à la solidité de leur système financier. En particulier, les pays qui ont subi des pertes en compétitivité vis à vis des coûts doivent assurer un ajustement des salaires suffisant et stimuler la croissance de leur productivité."
Mon souhait est que nos candidats à la présidence lisent et comprennent ce dernier paragraphe: en France aussi, il faut baisser les salaires, rééquilibrer le budget, et engager des réformes.
lundi 2 avril 2012
A.R.J.Turgot, Adam Smith et Walter Bagehot discutent de l'euro
Dans un univers parallèle, votre apprenti économiste a invité les grands penseurs de l'économie à discuter de la crise de l'euro.
AE: Monsieur Turgot, monsieur le baron, merci d'être venu.
A.R.J. Turgot: Je suis heureux de participer.
AE: Monsieur Turgot, le 24 août 1774, vous fûtes nommé contrôleur général sous Louis XVI, alors que le pays était au bord de la faillite. Comment avez-vous rétabli la situation?
A.R.J. Turgot: Ma formule était: "Pas de faillite, pas d'augmentation d'impôts, pas d'endettement nouveau". J'ai fait économiser l'état, supprimer les sinécures. Je suis intervenu pour limiter les générosités du roi envers ses clients. J'ai fait réformer le système des retraites, les croupes, ainsi que le monopole d'état sur la poudre à canon et les diligences. En administrant mieux, en maîtrisant le budget de l'état, nous sommes parvenus à réduire le déficit public et à restaurer la confiance des banquiers en seulement deux ans. Nous avons même supprimé quelques impôts et octrois. Mais je me suis fait beaucoup d'ennemis...
AE: Que pensez-vous de ceux de nos candidats qui proposent aujourd'hui d'augmenter la fiscalité?
A.R.J. Turgot: C'est une erreur. Cela représente une régression. Voudriez-vous réintroduire la corvée pour employer les jeunes chômeurs ? Ou encore rétablir les guildes et leurs privilèges ?
AE: Monsieur Adam Smith voudrait intervenir.
Adam Smith: Bonjour à tous. Quel plaisir de revoir Anne-Robert. François n'est pas là ?
François Quesnay: Bonjour Adam. Heureux de te revoir en pleine forme.
AE: Monsieur Smith, dites-nous, est-ce que la globalisation est la source de la crise actuelle ?
A. Smith: Oui et non. La globalisation est bénéfique, elle accroît la richesse des nations. A terme, l'ensemble du monde sera si prospère que la question ne se posera même plus. Mais c'est aussi une question de démographie: l'énorme potentiel de travailleurs à employer fait les salaires trop bas. Le rééquilibrage prendra encore du temps, parce que les nouveaux acteurs devront évoluer.
AE: Monsieur Smith, faut-il restreindre les importations pour acheter français ?
A.Smith: Ce serait appauvrir ce pays. Soyons égoistes, achetons au meilleur prix: c'est le meilleur moyen de laisser la main invisible des marchés agir peu à peu au service de la prospérité commune.
AE: Walter Bagehot a bien voulu se déplacer pour nous dire un mot.
W. Bagehot: Ah, beau temps! Bonjour les amis. Je vois que ce blog cite mon excellent journal: The Economist. Que n'aurais-je fait si internet avait existé plus tôt!
AE: Monsieur Bagehot, que pensez-vous de la crise de l'euro ?
W. Bagehot: La faillite de la banque Overend, Gurney & Company en 1866 m'a enseigné la contagion: 200 faillites ont suivi la première. Pour éviter ce genre de panique, il faut qu'existe un prêteur de dernier recours. C'est le rôle d'une banque centrale.
AE: Les actions de la BCE et le nouveau pare-feu qu'est le MSE vont donc dans la bonne direction ?
W. Bagehot: Oui et non. Idéalement, les prêts ne doivent pas être bradés. Ils doivent être garantis. Il ne devrait pas exister de limite à leur étendue.
AE: Merci messieurs de vos interventions.
AE: Monsieur Turgot, monsieur le baron, merci d'être venu.
A.R.J. Turgot: Je suis heureux de participer.
AE: Monsieur Turgot, le 24 août 1774, vous fûtes nommé contrôleur général sous Louis XVI, alors que le pays était au bord de la faillite. Comment avez-vous rétabli la situation?
A.R.J. Turgot: Ma formule était: "Pas de faillite, pas d'augmentation d'impôts, pas d'endettement nouveau". J'ai fait économiser l'état, supprimer les sinécures. Je suis intervenu pour limiter les générosités du roi envers ses clients. J'ai fait réformer le système des retraites, les croupes, ainsi que le monopole d'état sur la poudre à canon et les diligences. En administrant mieux, en maîtrisant le budget de l'état, nous sommes parvenus à réduire le déficit public et à restaurer la confiance des banquiers en seulement deux ans. Nous avons même supprimé quelques impôts et octrois. Mais je me suis fait beaucoup d'ennemis...
AE: Que pensez-vous de ceux de nos candidats qui proposent aujourd'hui d'augmenter la fiscalité?
A.R.J. Turgot: C'est une erreur. Cela représente une régression. Voudriez-vous réintroduire la corvée pour employer les jeunes chômeurs ? Ou encore rétablir les guildes et leurs privilèges ?
AE: Monsieur Adam Smith voudrait intervenir.
Adam Smith: Bonjour à tous. Quel plaisir de revoir Anne-Robert. François n'est pas là ?
François Quesnay: Bonjour Adam. Heureux de te revoir en pleine forme.
AE: Monsieur Smith, dites-nous, est-ce que la globalisation est la source de la crise actuelle ?
A. Smith: Oui et non. La globalisation est bénéfique, elle accroît la richesse des nations. A terme, l'ensemble du monde sera si prospère que la question ne se posera même plus. Mais c'est aussi une question de démographie: l'énorme potentiel de travailleurs à employer fait les salaires trop bas. Le rééquilibrage prendra encore du temps, parce que les nouveaux acteurs devront évoluer.
AE: Monsieur Smith, faut-il restreindre les importations pour acheter français ?
A.Smith: Ce serait appauvrir ce pays. Soyons égoistes, achetons au meilleur prix: c'est le meilleur moyen de laisser la main invisible des marchés agir peu à peu au service de la prospérité commune.
AE: Walter Bagehot a bien voulu se déplacer pour nous dire un mot.
W. Bagehot: Ah, beau temps! Bonjour les amis. Je vois que ce blog cite mon excellent journal: The Economist. Que n'aurais-je fait si internet avait existé plus tôt!
AE: Monsieur Bagehot, que pensez-vous de la crise de l'euro ?
W. Bagehot: La faillite de la banque Overend, Gurney & Company en 1866 m'a enseigné la contagion: 200 faillites ont suivi la première. Pour éviter ce genre de panique, il faut qu'existe un prêteur de dernier recours. C'est le rôle d'une banque centrale.
AE: Les actions de la BCE et le nouveau pare-feu qu'est le MSE vont donc dans la bonne direction ?
W. Bagehot: Oui et non. Idéalement, les prêts ne doivent pas être bradés. Ils doivent être garantis. Il ne devrait pas exister de limite à leur étendue.
AE: Merci messieurs de vos interventions.
MES, Mécanisme Européen de Stabilité: 800 milliards d'euros
Le MES, Mécanisme Européen de Stabilité disposera de plus de 800 milliards d'euros pour assumer le rôle de prêteur de dernier recours auprès des états européens en difficulté de refinancement. Ce pare-feu est destiné à éviter la contagion des tensions sur les taux d'intérêt des emprunts d'état des pays de la zone. Il devrait ainsi réduire la nécessité des interventions de la BCE destinées à soulager ces tensions.
L'ampleur de ce fonds chiffre la volonté européenne de faire face aux difficultés de la monnaie unique. Ce sera un argument pour demander davantage d'implication du FMI pour prévenir l'impact de la crise de l'euro sur l'économie mondiale.
Pour finir sur une note optimiste, lisez cet article (en) qui explique comment la mise en place du dollar américain s'est faite dans les difficultés, après sa création en 1790, avec faillites successives des états, plans de sauvetage multiples, puis cessation des refinancements, et mise en place d'une discipline budgétaire stricte en 1840.
L'ampleur de ce fonds chiffre la volonté européenne de faire face aux difficultés de la monnaie unique. Ce sera un argument pour demander davantage d'implication du FMI pour prévenir l'impact de la crise de l'euro sur l'économie mondiale.
Pour finir sur une note optimiste, lisez cet article (en) qui explique comment la mise en place du dollar américain s'est faite dans les difficultés, après sa création en 1790, avec faillites successives des états, plans de sauvetage multiples, puis cessation des refinancements, et mise en place d'une discipline budgétaire stricte en 1840.
vendredi 23 mars 2012
Le président de la BCE s'exprime dans le Bild
Mario Draghi, président de la BCE, s'exprime dans le Bild (en allemand).
Extraits:
Sur le modèle allemand:
"L'Allemagne est un exemple. Le vieux modèle européen de l'état-providence est en fait mort, car, trop souvent, il ne peut pas se passer de la dette. Les Allemands l'ont ré-inventé mais sans endettement excessif".
Sur l'inflation:
"Si vous considérez le prix du pétrole et les hausses d'impôts des dernières années par de nombreux gouvernements, l'inflation est stable depuis des mois à 1,5 pour cent. Si les perspectives d'inflation s'aggravent, nous allons immédiatement intervenir à titre préventif."
Sur les 1000 milliards d'euros des LTROs:
"Les banques, à qui la BCE a prêté, ont échoué en grande partie à investir dans le cycle économique, mais elles ont été soulagées de leur dette ancienne. L'argent est neutralisé vis à vis de l'inflation."
Le chef de la Bundesbank s'alarme des LTROs:
"Avec Jens Weidmann je m'entends très bien professionnellement et personnellement. Notre différence d'opinion a été exagérée."
"L'automne dernier, la situation était vraiment critique. On aurait eu un resserrement du crédit dangereux pour les banques et donc des faillites d'entreprises qui auraient été soudainement à sec financièrement. Nous avons dû arrêter cela."
Sur la crise de l'euro:
"Le pire est passé, mais il y a toujours des risques. La situation se stabilise. Les indicateurs clés dans la zone euro, tels que l'inflation, les comptes courants et les déficits budgétaires, en particulier, sont meilleurs que, par exemple, aux États-Unis. Le retour de la confiance des investisseurs a fait que la BCE n'a pas eu à soutenir les obligations d'état depuis des semaines. La balle est maintenant dans le camp des gouvernements. Ceux-ci doivent faire que la zone euro soit de façon permanente à l'abri des crises."
Mon opinion:
1) Une communication qui inclut des perspectives sur la politique future de la BCE devrait se trouver sur le site de la BCE plutôt que dans un journal privé.
2) La comparaison avec les Etats-Unis n'a guère de sens à mes yeux, car les USA ont un gouvernement fédéral alors que l'Europe n'a pas de gouvernement.
Extraits:
Sur le modèle allemand:
"L'Allemagne est un exemple. Le vieux modèle européen de l'état-providence est en fait mort, car, trop souvent, il ne peut pas se passer de la dette. Les Allemands l'ont ré-inventé mais sans endettement excessif".
Sur l'inflation:
"Si vous considérez le prix du pétrole et les hausses d'impôts des dernières années par de nombreux gouvernements, l'inflation est stable depuis des mois à 1,5 pour cent. Si les perspectives d'inflation s'aggravent, nous allons immédiatement intervenir à titre préventif."
Sur les 1000 milliards d'euros des LTROs:
"Les banques, à qui la BCE a prêté, ont échoué en grande partie à investir dans le cycle économique, mais elles ont été soulagées de leur dette ancienne. L'argent est neutralisé vis à vis de l'inflation."
Le chef de la Bundesbank s'alarme des LTROs:
"Avec Jens Weidmann je m'entends très bien professionnellement et personnellement. Notre différence d'opinion a été exagérée."
"L'automne dernier, la situation était vraiment critique. On aurait eu un resserrement du crédit dangereux pour les banques et donc des faillites d'entreprises qui auraient été soudainement à sec financièrement. Nous avons dû arrêter cela."
Sur la crise de l'euro:
"Le pire est passé, mais il y a toujours des risques. La situation se stabilise. Les indicateurs clés dans la zone euro, tels que l'inflation, les comptes courants et les déficits budgétaires, en particulier, sont meilleurs que, par exemple, aux États-Unis. Le retour de la confiance des investisseurs a fait que la BCE n'a pas eu à soutenir les obligations d'état depuis des semaines. La balle est maintenant dans le camp des gouvernements. Ceux-ci doivent faire que la zone euro soit de façon permanente à l'abri des crises."
Mon opinion:
1) Une communication qui inclut des perspectives sur la politique future de la BCE devrait se trouver sur le site de la BCE plutôt que dans un journal privé.
2) La comparaison avec les Etats-Unis n'a guère de sens à mes yeux, car les USA ont un gouvernement fédéral alors que l'Europe n'a pas de gouvernement.
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